Décembre 2002

Fin de l'histoire

Le 8 décembre 2002, Noémie est décédée à Paris à la suite d'un cancer (rhabdomyosarcome) décelé 6 mois plus tôt. Nous avions fêté son septième anniversaire le 4 décembre.

Toi qui as un enfant et qui lis ces lignes, fais en sorte de profiter de chaque instant de sa vie et de l'amour qu'il te donne. Et ne remets pas au lendemain ce que tu peux faire avec lui aujourd'hui.

Voici sa dernière journée :

Depuis quelques jours, j'avais promis à Noémie qu'on irait voir le deuxième épisode de Harry Potter samedi à 16:00. Elle s'en faisait une grande joie, et dès son réveil samedi matin, puis à peu près toutes les heures, elle se retournait vers le réveil pour vérifier que nous ne raterions pas la séance.

Chaudement vêtus, nous sommes fin prêts pour partir à l'heure voulue. Je la presse un petit peu pour enfiler ses gants :
- Dépêche-toi, Noémie, il faut encore qu'on aille prendre le taxi pour aller au cinéma.
- Ah non, Papa !
- Comment ça, tu ne veux plus aller au cinéma?
- On y va en vélo.
- En vélo ? Mais tu vas être fatiguée ! Tu sais que le film dure presque 3 heures, tu risques de t'endormir sur le vélo au retour.
- Non, on y va en vélo.

Donc on y va en vélo.

Elle a mis ses mains dans mes poches, et nous voilà sillonnant Paris. Au pire, si elle dort, nous rentrerons en taxi. Nous rejoignons une bande d'amis et leurs enfants au cinéma. Le film dure jusqu'à plus de 20:00, et elle le suivra de bout en bout. Au retour, la nuit est tombée, et elle s'émerveille des décorations de Noël qui se sont illuminées pendant le film, et devant lesquelles nous passons à vélo. Puis elle accroche ses mains à ma ceinture, appuie sa tête sur mon dos, mais ne s'endormira pas avant d'être à la maison.

Dimanche matin, mauvaise manipulation, elle arrache la sonde qui lui passe par le nez et va jusque dans son estomac pour la nourrir. Départ à l'hôpital (en taxi, cette fois...). Au centre de soins, elle demande aux infirmières de mettre toute seule sa nouvelle sonde, tâche dont elle s'acquittera parfaitement.

Retour à la maison. Des amis et leurs enfants viennent déjeuner. Quelques parties à la console de jeu.

Vers 15:00, Noémie m'écrit sur le carnet qui lui sert à me parler : "Je ne sais pas comment me mettre", signe qu'elle a du mal à trouver une position dans le lit qui lui rende la respiration plus aisée. Et elle aura de plus en plus de difficultés respiratoires. Nous l'emmenons donc à l'hôpital, où on la met sous morphine, pour ne pas qu'elle souffre de la sensation d'étouffement. Sa respiration diminue petit à petit, mais elle est apaisée.

Elle m'a laissé un dernier message sur mon carnet, en forme d'énigme :

"On a ganier la coupe des sét main"


Retrouvez ici une partie de ma correspondance sur la maladie de Noémie.

Mars 01 - Décembre 2002